27/12/2006

27/12/06 - 13:11

Agnès fait sa B.O.

Je suis allé à la Java la semaine dernière écouter une jeune chanteuse, ci-dessus nommée.... J'ai fait une belle découverte. Voilà une jeune femme talentueuse à souhaits, qui a des choses à dire, une belle présence féminine, presque féline sur scène, une voix magique qui navigue d'un genre à l'autre. Je retiendrai le "lavotomatic" comme une chanson douce et drôle, une belle vision.

Je vous la recommande. Elle sera le 30 décembre au Divan du monde, et les 12 et 13 janvier, à l'entrepôt, dans le 14e...

27/12/06 - 12:31

Oualid Mwaouad, suite...

Après avoir vu "Incendies" à Montréal, je me suis précipité à la Fnac pour acheter d'autres pièces de cet auteur. Le rayon de la FNAC est pauvre, et je ne trouve que "Littoral". Je l'achète. Je l'ai lu ce week-end.

Je retrouve dans ce texte, un style incomparable et surtout une dramaturgie d'exception. Lourde histoire encore que celle de ce fils qui apprend la mort de son père à l'instant d'un coït d'exception, et qui se trouve ainsi chargé d'une histoire nouvelle. Oui, il y a un lien entre cet instant éphémère du plaisir d'exception, et ce basculement dans la mort, le passé, l'histoire. A l'instant de la vie, tout simplement retrouver ce qui fonde une identité mal établie.

Comme dans "Incendies", le drame se noue sur scène dans la confrontation des temps. Les flash back sont présents sur scène, et l'histoire ne se comprend que dans ces allers-retours, comme si ce théâtre ne pouvait exister sans ce rapport étroit au passé. Les univers sont aussi commun, et la guerre reste le tréfonds d'une intimité qui ne se dévoile que par la souffrance extrême des êtres. Beau texte en définitive. Belle langue chargée. Juste peur, à la lecture de ce nouveau texte, d'une technique trop apparente dans cette écriture bien contemporaine.

Ce qui me frappe le plus, c'est la prééminence d'une dramaturgie terrible, fracassante, faite de violence, de haine, de rancoeur... comme si Mwaouad ne pouvait toucher les choses que par ce déchirement extrême.

27/12/06 - 12:23

Le programme culturel de Ségolène Royal....

Lu dans le parisien de ce matin : Ségolène Royal est allée applaudir Isabelle Adjani ! Tout un programme... Son premier acte culturel démarre mal. On a sans doute le droit d'aimer Isabelle Adjani, mais dans le domaine de la création et de la diversité culturelle, on peut tout de même relaiviser. Quand à l'accessibilité du grand public à ce type de théâtre, on est au mois certain qu'elle est nulle ! 50 € étant le premier prix, cela donne symboliquement l'idée du message. Le problème est complexe : Ségolène Royal ne peut plus avoir de vie privée dans les 5 mois qui précèdent l'élection. Tout geste, tout déplacement qu'elle effectue, devient un symbole. De ce point de vue, le symbole est raté. On en restera là... et on suivra ce qu'elle dira, en ce domaine, après avoir écouté la France dans cette phase dite participative. Je n'ai pourtant pas vu que ce thème faisait partie de la phase d'écoute....

26/12/2006

26/12/06 - 12:34

Noël à Paris...un petit privilège.

Noël à Paris.... c'est comme le 15 août. Un désert.... un bonheur. Se promener dans le froid et découvrir une ville subitement calme, paisible, belle, illuminée, et avoir se sentiment si intime de profiter de ce que personne ne voit, trop occupé par la fête ! On a silloné les rues avec Simon, déjeuné à 18 h dans des restaurants calmes... visité la nouvelle cinémathèque dont l'architecture est chantante, folle. Que du bonheur... On voulait partir, on est resté, on a bien fait.

14/12/2006

14/12/06 - 18:39

journal de campagne

Ségolène Royal est maintenant investie. Pour le meilleur ou pour le pire. Il faut qu'elle gagne. Pour le moment, on dira, d'un point de vue médiatique, qu'elle accomplit un sans faute. D'un point de vue médiatique seulement. Elle veut gagner. Mais elle veut gagner "seule". Elle ne veut devoir sa victoire qu'à elle même, et cela ne cesse d'inquiéter pour l'après. Il y a quelques mois, sous l'influence de Ionesco dans l'oeuvre duquel j'étais plongé, j'observais un phénomène de rhinocérite aigüe, sorte de contagion. La contagion a agi. Tout le monde est derrière elle. Il vaut qu'il en soit ainsi, car personne ne peut souhaiter un scénario catastrophe à la 2002. Mais elle ne dirigera pas le pays seule. Et cette arrogance qui consiste à ne pas associer ses compétiteurs laisse mal présager d'un rassemblement futur. Il faut gagner, mais il faut durer. Le changement est à cette condition....

14/12/06 - 18:28

"Comment faire l'amour avec un nègre sans se fatiguer ?"

Ce titre n'est qu'une citation d'un roman de Denis Laférière. Il n'est pas une provocation gratuite faisant référence aux horribles propos d'un certain animateur de télévision.... Et je ne cite ce titre que pour renvoyer à toute l'oeuvre de cet auteur haîtien, découvert pour moi seulement l'année dernière, et dont je voudrais que chacun découvre un de ces livres. Ces titres sont souvent non mémoraisables de moi, sauf celui-ci, mais tous ces textes sont d'une intensité formidable. Dans la littérature caraibéenne que je connais un peu, Laférière est certainement à mettre en haut de ma liste. Il touche de près, avec une vérité évidente, la question du racisme. Toute son oeuvre est une référence constante à l'hisoire de l'esclavage et aux traces que cette histoire laisse encore de nos jours. Lisez Denis Laférière !

12/12/2006

12/12/06 - 18:21

Viva Cuba Libre !

Une nouvelle relevée subrepticement dans un article du Figaro consacré à Cuba : Gérard Depardieu n’a rien trouvé de mieux à faire que d’honorer de sa présence les fêtes organisées par le régime castriste pour fêter les 50 ans de la révolution cubaine, au moment même ou l’affreux dictateur est en train de mourir lentement mais sûrement, et de créer un espoir d’un basculement de régime.

Deux questions : Pourquoi la gauche française – et Gérard Depardieu en fait partie – a tant de mal à parler de Cuba autrement qu’avec un reste de fascination ? Ce régime reste, encore aujourd’hui, une pure dictature… comme si le rêve de la révolution communiste demeurait un rêve et ne s’était pas transformé depuis des décennies en véritable cauchemar ?

Pourquoi la France, sa diplomatie, n’engage aucune action susceptible de soutenir l’opposition cubaine ?

Ces deux questions restent pour moi des énigmes inexplicables. Les exilés cubains, les prisonniers d’opinion, et toutes les victimes de la pauvreté cubaine, un jour, nous en voudront. Il se pourrait que ce jour ne soit pas si lointain….


07/12/2006

07/12/06 - 16:40

Amor doloroso....

Jacques Higelin vient de sortir un album absolument magnifique... Il quitte son univers rock pour une atmosphère plus mélodique, plus posée, passionnée aussi... Dans les embouteillages, hier, je me suis délecté de ce nouvel album. "Je t'aime tel...", j'aurais aimé l'écrire, comme toujours quand un texte vous touche.

07/12/06 - 16:37

Jean-Luc Lagarce

Cergy Pontoise. Ville nouvelle. Arrivée sur le parvis du théâtre. Sentiment d'horreur. Dalles sur dalles, escaliers, recoins, la ville angoissante par excellence. Voiture garée sous un pont improbable. Il faut avoir envie d'aller au théâtre.... Mais le théâtre est là, bien là, bien à sa place. Utile. Plus utile encore ici qu'ailleurs.

J'ai vu une pièce de Jean-Luc Lagarce. J'avais beaucoup lu son théâtre, mais je ne l'avais jamais vu. Cette langue butée est absolument magnifique. Une création étrange où six jeunes comédiens ont mis en scène collectivement cette pièce à la fois dure, réaliste, et parfois tendrement drôle. Un pur régal....

Où il est question d'argent...- prétexte ! - Où un trio (deux hommes une femmes) qui a constitué trois couples dans le passé, s'affronte... Parce que l'amour n'est pas refermé. Parce que l'orgueil domine et tue tout ! Parce qu'il n'y a plus d'espoir quand il y a de l'espoir. Une telle pièce parle à tout le monde, alors que son écriture est active, vive, brillante, pulsionnelle. Ces comédiens ont la rage. La distribution est brillante... La mise en espaceéclatante.

Nous avons trouvé, hier soir, notre premier spectaple pour la deuxième édition de l'Oise au théâtre. Vous pourrez découvrir ce texte en juillet prochain, à Ermenonville...

07/12/06 - 16:18

Incendies

J'ai passé le week end dernier à Montréal, et j'en ai profité pour aller voir une pièce de théâtre. J'ai probablement assisté à une de ces oeuvres majeures, qui laissent des traces durables.

"Incendies" de Mwaouad (je ne suis pas archi-sur de l'orthographe) constitue une découverte véritable et un choc absolu. Pièce dramatique s'il en est, noire comme il est difficile d'être plus noire. Et pourtant, pas une seconde, durant les trois heures du spectacle, ou l'attention se détache. La dramaturgie est à ce point forte que l'on s'empêche de respirer. Du grand art.

Imaginez le synospis : La mort d'une mère. Deux frères et soeurs, jumeaux, confrontés au décès, au deuil, et plongés dans un parcours initiatique voulu par la défunte, et organisé par un notaire quebecquois, légataire universel de la mère. Où l'on découvira que la mère a eu un premier enfant d'un premier amour, enfant enlevé par la famille et perdu à jamais... où l'on comprendra la souffrance indélébile de cette mère qui a passé sa vie à rechercher cet enfant, sans l'avoir jamais dit à quiconque d'autre. Où l'on suivra la quête de vérité des enfants dans un conflit frère soeur d'une rare violence.... Où l'on pressentira le pire.... Cet enfant, tant recherché, tant aimé, tant absent, devenu le tortionnaire de sa propre mère, dans l'ignorance absolue de ce lien qui l'unit à cette femme, tortionnaire violeur, père, en définitive, de ses deux frères et soeurs... Peut-il encore être de la famille ?

Je n'ai rien vu de plus beau, de plus fort, de plus marquant, depuis des années....