31/01/2007

31/01/07 - 18:06

Une brève dans le Monde... qui m'effraie un peu plus.

Je cite : "L'entretien organisé par Télérama avec Ségolène Royal, juste avant son départ pour les Antilles, s'est très mal déroulé. La candidate socialiste n'étant pas prête à répondre à toutes les questions, la rencontre a tourné court. Un nouveau rendez-vous a dû être repris avec l'hebdomadaire. Pour certains, cette anecdote est révélatrice du trouble de sa campagne". J'attends la lecture du futur entretien avec intérêt.


31/01/07 - 18:00

Jusqu'à ce que la mort nous sépare...

Terrible titre pour moi qui vient d'accompagner Eric....
Terrible résonnance pour moi que cette pièce de Rémi De Vos...
Et malgré tout, immense plaisir de découvrir depuis plusieurs semaines, le théâtre des auteurs contemporains bien vivants, bien dans le présent.... bien dans la réalité d'aujourdhui.

Le synopsis :

"Erreur n°1 : se rendre aux obsèques de sa grand-mère. Erreur n°2 : remettre à cette occasion les pieds chez sa mère. Erreur n°3 : parler à un vieux béguin datant du lycée.

Pas de panique, Simon a de la ressource, il va s’en tirer.

Mais Rémi De Vos, l’auteur de la pièce, en a lui aussi, et à revendre… En quelques péripéties et gags bien noirs, il piège Simon entre ces femmes, l’enferme à l’intérieur d’un poker menteur où chaque mot a été trempé dans la nitroglycérine. Attention à ce qu’il va dire ! La moindre erreur et… boum !"

Toute la tragédie de cette comédie est centrée autour de l'urne funéraire toute chaude de la défunte. Cruelle actualité.

Catherine Jacob est surpenante dans ce texte résolument contemporain. Les deux autres acteurs, inconnus de moi (Micha Lescot et Claude Perron) glissent sur cette scène immense, froide, aux couleurs des années 70, "vintage" au possible.

Peut-être est-ce la mise en scène qui me laisse un peu froid ? Peut-être aussi le garçon me semble-t-il décalé et que sa personnalité physiques détonne un rien. Et pourtant, un curieux sentiment reste 24 h après ce spectacle. Ce n'est pas une franche comédie, mais c'est une pièce à l'humour grinçant, assez noir en définitive. Une très belle écriture, un style réel... Il faut que j'y réfléchisse encore. C'est une pièce qui me laisse sans certitude, car elle m'a suprise par le latéral...

Cela se voit encore au théâtre du Rond POint jusqu'au 18 février.

31/01/07 - 13:40

Journal de campagne... (suite)

Les blogs des uns et des autres révèlent un état d’esprit – pas représentatif du tout de l’état de l’opinion – mais d’un certain malaise chez nombre de blogueurs de cet espace et d’ailleurs.

- Il y a ceux qui s’indignent des partis pris journalistiques, du lynchage systématique de Ségolène Royal, et du risque que représente cette stratégie de la critique permanente de la candidate officielle de la gauche. Ils n’ont pas tort. Sarkozy s’en lèche les babines…Il n’a qu’à laisser faire. (Mais elle n’y est peut-être pas pour rien.)

- Il a ceux qui appellent à voter Bayrou ! On peut difficilement tomber dans le piège de celui qui a joué - certes courageusement - une stratégie d’opposition interne à la droite depuis 2002, mais qui reste déterminé par des marqueurs de droite. Sa synthèse et sa volonté de rassembler dans tous les camps est une illusion de campagne et son entourage immédiat en est la preuve flagrante. J’invite ceux qui ne l’ont pas vu à regarder son discours à l’occasion de son premier meeting. Bayrou est peut-être pas mal, mais tous ceux qui l’ont précédé sont à l’image de cette France de droite, conservatrice, bourgeoise et bien pensante. La réalité de son mouvement s’apprécie davantage dans son entourage.

- Il n’y en a pas beaucoup à soutenir Sarkosy… preuve que nous ne sommes pas représentatifs du tout . Il est vrai que les attaques le concernant ne s’attachent qu’à de l’accessoire, et pas au cœur de ses propositions… Ce matin sur Europe 1, c’était quand même spectaculaire. Sarkosy a du fond, et du fond largement opposable. Il faut s’y mettre plutôt que de se concentrer sur le scooter de son fils, sur la fiche RG, ou sur son lapsus à la sortie de son entrevue avec Tony Blair..

- Il y a aussi ceux qui dénient – avec beaucoup de mauvaise foi –le mauvais démarrage de la campagne de la Candidate socialiste. Ce n’est pas rendre service à la gauche ni à la nécessaire alternance que de se taire quand il est encore temps de réagir… On s’est trop tu en 2002, ne l’oublions pas. Heureusement ce week end, et pour la première fois, les seconds de la campagne de Royal ont eu la parole, et cela fait du bien. Bianco sur Europe 1, et son conseiller écolo sur France Europ express ont su donner du fond à sa candidature. Cela rassure.

Cela étant dit, force est aussi de constater que la presse, jusqu’à ce jour, ne joue le jeu que des grands candidats ! Sur France 3 hier, seulement 4 invités représentant Sarkosy, Ségolène Royale, Bayrou, et le Pen… Comment accepter une telle hérésie sans réagir ?

Bref, n’être ni passif, ni béni oui oui, c’est la seule chance qui nous reste.

Avouez quand même que cette campagne, jusqu’à ce jour, a du mal à mobiliser…. C’est bien cela qui m’inquiète.


25/01/2007

25/01/07 - 13:26

Dissident, il va sans dire.

Rouen, hier soir, par grand froid. Moins trois. La ville est belle. Les rues pavées luisent légèrement d'une trace d'humidité. Les passants marchent vite, emmitouflés. Le froid saisit parce qu'il est sec, parce qu'il est d'hier ou d'avant hier, on n'a pas eu le temps de s'habituer, on ne peut pas se réchauffer.

Rouen, ville d'enfance pour moi. Ville quand j'étais petit et que j'allais voir mes grands-parents à Bois-Guillaume ou ma tante, en plein coeur de la ville ancienne : Saint-Maclou. Ville où je retourne souvent. Les "vieux" sont morts, mort de vieux parti sans la tête, affadissement de la vie, tristesse de ceux qui restent, peur de finir mal...

Mais Rouen conserve pour moi un plaisir d'enfant, malgré ces tristes souvenirs. La ville où petit je pouvais me promener tout seul, impression d'être grand, beaux cadeaux que me faisaient ma tante et mon oncle (je me souviendrais toujours de mon émerveillement de mon premier radio réveil ! - chaque minute qui passait, j'attendais la suivante, pour voir l'heure changer....).

Rouen pour n'aller voir personne ce soir. Juste un aller retour pour aller au théâtre voir une pièce de Michel Vinaver, "Dissident il va sans dire", suivie de "Nina". Encore un auteur contemporain que je découvre, et qui me fait du bien. Encore un beau spectacle, travaillé, abouti, bien distribué, profond.

Que de belles choses en ce moment ! (Pourquoi tous ces beaux spectacles d'auteurs contemporains ne sont jamais en Avignon ? On s'en souviendra pour les polémiques de l'été.)

Michel Vinaver, un univers très à part. L'univers du travail, de l'usine, de la domination de l'homme par l'homme, du syndicalisme, du militantisme... bref, cette France d'ailleurs (ni d'en bas ni d'en haut), cette France des années soixante à 70, où le monde du travail restait encore symbolisé par les ouvriers. Description de ces univers, mais avec un regard cru, une langue belle, précise, intime, beaucoup d'elypses et de non dits. A lire encore.

J'ai décidément beaucoup de livres à acheter. Ce spectacle tourne jusqu'à la fin février. Si cela passe près de chez vous...

25/01/07 - 13:14

"Beaubourg"

Très beau concert de Beaubourg au divan du Monde mardi soir.

Beaubourg, c'est un groupe que je suis avec attention depuis presque trois ans. Découvert par hasard, un soir où je trainais mes guêtres au café de la danse, sans savoir ce que j'allais voir, ni pourquoi j'étais là plustôt qu'ailleurs. Juste l'envie de la découterte, au cas où.

Belle rencontre ce soir là, spectacle qui laisse une trace, et depuis, les échanges se sont noués, je les ai fait un peu jouer d'abord à Paris, et ils seront en tournée dans l'Oise pour six concerts en mars prochain dans le cadre de "tour de champs". Il faudra ne pas les rater... ca va donner.

Le concert du divan du monde d'avant-hier, de la folie on pourrait dire. Chansons franco italiennes, genre festif et énergisant. Très belle présence musicale, les vents sont superbes, bref, les voix, le rythme, les textes, tout est sympa et on ressort de là avec une pêche d'enfer. C'est pro, c'est propre, c'est nickel, c'est à voir.

Ils ont un site internet bien riche : www.beaubourg.net







19/01/2007

19/01/07 - 12:48

Le cirque des mirages...

La salle du théâtre du Beauvaisis est presque pleine. 600 personnes sont venues de partout, de nulle part, des environs, jeunes, moins jeunes, vieux, hommes, femmes, tout est mélangé, pour voir un spectacle inconnu, avec sur scène deux inconnus, qui présentent un tour de chant improbable, qui ne ressemble à rien. Et tout le monde est là, bien là. La curiosité est au rendez-vous.

Tout est là. Dans ce mélange des genres et des publics. Et le charme opère lentement, la salle est d'abord étonnée, un peu surprise, donc un peu froide. Chansons interminables hors de tous les formats radio, présence scènique forte, poussée, dérange un peu, surprend beaucoup. Et puis cette atmosphère commence à chauffer la salle, on passe de l'étonnement au plaisir, du plaisir à l'envie, du noir au drôle, du drôle au très drôle... On se dit en permanence, ça ne ressemble à rien, mais que c'est bon !

Soirée de bonheur au final, un public qui en redemande et qui sort de là, ravi, hormis quelques grenouilles de bénitier horrifiées par la ré-écriture pittoresque de l'histoire du christiannisme... C'était une soirée de grâce tant le chanteur est gracieux de son corps étrange. Ses bras interminables avec lesquels il bat l'air, ses longs doigts dont il joue et rejoue, ses postures mi-danseur mi acrobate, renvoient des images fortes. Et que dire de Fred Parker, son pianiste, puissant, résonnant, discret et présent à la fois, et si joliment beau, même de dos ; le plaisir est complet.

Comparé à la veille, j'ai le sentiment d'un théâtre qui joue vraiment son rôle en proposant des programmations si singulières et en fédérant un public si divers.

18/01/2007

18/01/07 - 12:49

"L'autre".

Je suis allé hier soir au théâtre de la Colline hier soir, voir une pièce mise en scène et écrite par Enzo Corman, "l'autre".

Je vais beaucoup au théâtre, souvent, presque tous les jours, mais cela faisait longtemps que je n'avais pas fréquenté un théâtre public parisien. L'impression est toujours aussi surprenante. Un public très homogène socialement. CSP +, voire ++. Une moyenne d'âge de 35 à 60 ans. Pas de jeunes. Une salle comble pour un spectacle "élitiste", dans le sens communément admis. Ce n'est pas une critique de ma part, juste une interrogation sur les missions d'un tel établissement.

"L'autre" donc. Deux femmes sur scène, qui ont découvert sur le tard qu'elles avaient le même homme dans leur vie depuis 15 ans, mari avec lequel l'une et l'autre ont eu deux enfants. Découverte d'une double vie. Rencontre entre deux femmes, donc.

Beau point de départ. Une langue belle, assez Durassienne dans l'intention. Une mise en scène classiquement contemporaine. Trop appuyée sans doute, par l'absence de distance entre le metteur en scène et l'auteur, et pour cause, ils ne font qu'un. Statique. On ne bouge pas. Articulé : un phrasé volontairement lourd. Une atmosphère, assurément pesante. Pourtant, rien de dramatique dans cette histoire dont le point de départ est un prétexte à une rencontre. L'histoire d'une explication qui construit une nouvelle histoire, d'amour, entre ces femmes attirées l'une vers l'autre à cause de cet autre, l'homme, absent.

Je reste mi figue mi raisin. Le spectacle est beau, mais lent. Trop lent. Rien ne me semble justifier une telle lenteur si ce n'est l'envie de faire résonner le texte. Presque comme dans une lecture. Le désir de faire partager l'intime, mais au point de transformer le spectateur en voyeur. Je reste perplexe. Convaincu d'avoir découvert un bel auteur, mais déçu de cette forme théâtrale pointue et peu fédératrice.

Le public parisien, plongé dans une chaleur suscitant la torpeur pendant le spectacle. Mais le public, bienveillant, a applaudi. Que restera-t-il en fin de compte de ce spectacle ? Un souvenir diffus dans quelques semaines... seulement un souvenir lointain.

17/01/2007

17/01/07 - 12:50

"Je m'appelle Elisabeth...."

C'est le titre d'un très joli film que j'ai vu hier, dans le cadre des saisons du Cinéma. Réalisé par Jean-Pierre Améris, ce film raconte le parcours d'une gamine confrontée à ses fantômes, à l'horreur de la vie réelle et des séparations qu'elle prépare inéluctablement, et qui s'enferme avec un "fou" sorti de l'asile (dont son père est le directeur) et caché dans son jardin. Qui est fou, qui n'est pas fou ? C'est quoi être un enfant ? C'est quoi être un adulte ? La gamine, qui doit avoir 10 ans, tient le grand rôle, avec un naturel sidérant et des réflexions d'enfant . Bref, si vous passez devant ce film, vous vous régalerez.

12/01/2007

12/01/07 - 18:19

Journal de campagne....

On me taxera peut-être encore d'être de mauvaise foi, mais il y a des limites à tout !!!! La "bravitude" de Ségolène Royal ne m'émeut en rien et ne mérite pas de commentaires. On a tous le droit de faire des néologismes. La langue est vivante, après tout.

Mais je suis sidéré que ses déclarations sur le modèle chinois de la justice n'ait pas suscité davantage de réactions. Notre candidate a en effet déclaré, dans le registre "il ne faut pas donner de leçon et il faut balayer devant sa porte", que nous ferions bien de nous inspirer de la justice chinoise qui n'est pas engluée dans nos lenteurs. Et pour cause, elle est expéditive ! Les bras m'en tombent. Cela me secoue la couille gauche... à la fin de la campagne, je ne sais pas dans quel état je vais me trouver....

12/01/07 - 12:54

"Autour de ma pierre, il ne fera pas nuit"

Franck Berthier (Ankinéa Théâtre) signe une mise en scène de la pièce de Fabrice Melquiot ci dessus nommée, absolument admirable. Admirable par une esthéthique extrêment raffinée, une mise en lumière précise et belle, une énergie et une direction d'acteurs irréprochable. Ce qui frappe aussi, précisément, c'est la distribution. Les rôles sont admirablement habités par une équipe de 7 comédiens équilibrés, mobilisés dans une énergie de scène précise, forte, violente, déroutante. Bref, on sort de ce spectacle époustouflé. Mais de quoi s'agit-il ?

Car les talents réunis du metteur en scène et des comédiens qu'il a si bien choisis, servent une Oeuvre de Fabrice Melquiot . J'ai, hier soir, fait une découverte théâtrale, et je me précipite demain en librairie pour acheter des textes de Melchiot.

Comme souvent dans ce théâtre résolument contemporain, difficile de raconter. Ce qui compte fortement, c'est l'atmosphère qui se dégage. Fabrice Melquiot en parle sans doute mieux que quiconque : "Il y a Naples et l'été ; ce qui des corps émane, à Naples, l'été : ailleurs embaumés, désirs troubles, fraternité, fiançailles cramées, errances ; et le ciel est poétique, autour du belvédère où nous marchons ; tout se donne à voir autrement. Six personnages, chair à vif, coeur dégueulé, se prennent ou s'esquivent ; un père, deux fils et leurs fiancées, un apprenti poète égaré. Tout est histoire de peau, d'échanges, de combines et de faux-semblants. Et la vie n'est plus que ces habitudes que le sexe a prises en nous, car nous sommes son home, cette nuit là, et nous obéissons, et nous sommes des jouets. Heureusement, l'aube. "

Ce texte de Fabrice Melquiot décrit l'atmosphère. Mais n'aborde pas de front la question des identités, de la fraternité - au sens être frères - et du désir et de ses violences colétarales. C'est tout simplement très beau. C'est à voir. Ce la se joue encore ce soir et demain soir, au théâtre de la Faïencerie à Creil, ce spectacle sera présent à Paris en Octobre 2007 au 20e théâtre, notez le déjà.

11/01/2007

11/01/07 - 10:26

Il faut bien se changer les idées...

Je suis allé assister à la "couturière" de l'avare, avec Michel Bouquet, au théâtre de la porte Saint-Martin.

Déception. Michel Bouquet est un immense acteur, et acteur de théâtre, notamment. Cette mise en scène, faite pour le servir, le déssert en définitive. Tout est centré sur lui, et si Harpagon est en effet le centre de la pièce, le reste n'est pas accessoire, et les autres rôles ne peuvent pas se limiter à des figurations. Le rythme de la pièce est cassé parce que Michel Bouquet, toujours plein de ressorts, ne peut pas suivre physiquement. . . Sa voix est fatiguée, elle force, elle éraille, on ne comprend pas tout. Et on finit par s'ennuyer... Terrible sentiment face à un chef d'oeuvre du théâtre et à un monstre sacré de l'art dramatique.

L'affection du public est resté intact, et les acclamatations saluaient une carrière, et non pas ce spectacle.

11/01/07 - 10:20

C'est fini !

Voilà, c'est fini. Eric n'est plus là.

Son visage méconnaissable. Cette maigreur. Ce teint, lui qui était si beau, si souriant surtout. Je ne peux pas m'approcher plus près. Une certaine distance s'impose entre lui et moi, en cet instant. L'impression que son cadavre m'est étranger et que mes pensées vont à son sourire, à son corps bien vivant, à sa démarche de danseur, à son rire doux... Je pense à sa photo prise dans ma douche. Je pense à ce sourire là. A ce lui quit "je t'aime".

Le père Lachaise. Cela faisait quelques années que je n'étais pas venu là.
En sortant, les cheminées de l'incinérateur fumaient, comme une usine chimique. L'air était enfumé. Eric était en nous, autour de nous. Sa fumée m'a enveloppé.

Cérémonie de la honte, douleur extrême, ou l'être aimé s'envole sans que personne ne parle de lui, véritablement. La famille, la grande famille, venue là au grand complet, dans une tristesse parfois de façade.

Un espèce de pseudo curé qui ne cite pas même le nom de Eric, et qui nous fait une exégèse de la bible.

Je me refuse d'écouter ces paroles. Je me récite mentalement Philippe Soupault :

"Foutez moi à la mer, mes amis, mes amis, quand je mourrai.
Ce n'est pas qu'elle soit belle et qu'elle me plaise tant,
mais elle refuse les traces, les saletés, les croix, les banières.
Elle est le vrai silence et la vraie solitude."

La solitude des parents d'Eric, de Teddy et de sa soeur, n'en était que plus visible, plus cruelle. Pas un ami. Personne. J'étais là. Prêt à m'écrouler, mais il fallait soutenir Teddy qui lui, s'écroulait pour de bon.

J'ai écrit en dernier dans le livre de "condoléance" : "Eric, je t'ai aimé".
POur que cela ne soit pas tu. POur que sa mort reste un peu digne.




05/01/2007

05/01/07 - 12:50

L'année commence très mal.

J'apprends hier la mort d'Eric. Il est mort seul, avec son frère et sa mère à son chevet. Personne n'a su qu'il était malade. Personne n'a su qu'il avait le SIDA. Balayé en huit jours, pendant les fêtes de Noël... Teddy m'apprend cette terrible nouvelle hier matin. Je ne pense qu'à cela aujourd'hui. Eric était un ex, comme on dit. Mais pas un ex ordinaire, pas un compagnon de baise. Un amoureux que j'ai aimé. Que j'ai aimé au point d'être terriblement malheureux quand il m'a quitté, sans bien comprendre pourquoi. Tout allait bien. Si bien entre nous. C'était la deuxième fois que je sentais quelque chose de possible, que j'avais envie de vivre la vie à pleines dents grâce à lui, à son sourire si doux, à sa voix si belle. Il était brillant, intelligent, il me plaisait. Cette annonce terrible me bouleverse, et me replonge dix ans en arrière. Et s'il m'avait quitté parce qu'il se savait malade, déjà ? Et s'il avait mis fin à cette histoire précisément parcequ'elle était belle et qu'il la pensait impossible ? Et si ? Et si ? Que des questions noires qui tourbillonnent dans ma tête et m'empêchent de dormir. Et son frère, Teddy, si malheureux, si terriblement seul ! Que puis-je faire maintenant, bon dieu, que puis je faire ?

Je pense aussi à Sébastien, un tendre ami, mort assassiné - terrible destin - et qui avait été largué par son amoureux à l'instant d'apprendre qu'il était séropositif...

Tout se dénoue peut-être... Eric n'avait rien construit depuis, une belle rencontre je crois, et beaucoup de rencontres éphémères qui duraient quelques semaines, rarement quelques mois. Je me sens malheureux de n'avoir pas su qu'il était hospitalisé à deux pas de chez moi. Je me sens malheureux de ne pas lui avoir redit que je l'avais aimé et que ma tendresse et mon affection restaient bien réelle ! Je le croyais à Amsterdam pour son travail, et il était à l'hopîtal Saint-Louis, et enfermé chez lui depuis un an.

Je trouve tout cela bien injuste, terriblement triste, effroyable même.

Ne me souhaitez pas une bonne année, elle commence trop mal.