22/02/2007

22/02/07 - 13:18

La décision de la cour de cassation concernant l'adoption homo

A dire vrai, la décision de la Cour de cassation annoncée hier soir paraît de bon sens, et surtout en cohérence avec la seule exigence de la Cour : dire le droit et rien que le droit, et renvoyer aux politiques la mission de faire la loi et de la mettre en cohérence avec les exigences du temps.

On doit se réjouir de voir des tribunaux de première instance et d'appel tenter de faire jurisprudence pour s'adapter aux moeurs et aux évolutions de la société. Mais la solution retenue dans trois affaires était pour le moins abracadabrante ! Pour permettre à la compagne d'avoir autorité parentale sur l'enfant biologique (certes conçue - dans le sens profond du terme - par le couple, c'est à dire par les deux femmes), la mère est contrainte à renoncer à l'exercice de sa propre autorité parentale. C'est évidemment absurde, même si l'imagination des juristes permettait d'espérer une solution d'adaptation dans l'attente d'une législation nouvelle.

La Cour de cassation, de ce point de vue, ne juge de rien dans cette affaire. Elle dit que pour que la compagne puisse partager l'autorité parentale, l'astuce juridique inventée par les tribunaux n'est pas opératoire, et que seule la loi nouvelle doit élaborer une solution équitable.

Car nul ne peut admettre, en tout cas ici, qu'un enfant élevé dans une famille homoparentale ne bénéficie pas des mêmes droits, et donc des mêmes protections, qu'un enfant élevé dans un autre cadre.

C'est dur à admettre pour celles qui ont ainsi passé tant d'années à se batrte pour que leurs droits soit reconnus. Mais cette décision devrait permettre d'avancer vite au plan législatif : car le débat juridique est définitivement clos par la décision d'hier.

Ce qui nous renvoie immédiatement au débat présidentiel. Faire attention à ne pas se tromper....

15/02/2007

15/02/07 - 19:26

Jeanne Cherhal

Revoir Jeanne Cherhal sur scène valait le déplacement : Cette toute jeune femme, presque encore enfant dans certains tressautements - elle tape des pieds pour dire qu'elle est contente - exprime sur scène à la fois maturité artistique et bonheur d'être là. Là. Sur scène. A "Noyon" comme elle dit, dans "l'Oise", mi-étonnée, mi amusée, elle rayonne, elle surprend un public qui la connaît en définitive assez peu, et qui, au fur et à mesure du concert, se détend, s'échauffe, se réjouit, explose, et termine en standing ovation interminable. Impossible pour elle de partir... et elle reviendra trois fois, avec un merci tout humble, tout joli, tout discret.

Elle navigue dans des univers musicaux très variés (c'est probablement l'une des constante de la jeune création d'avoir des mixes de styles et de ne pas être réduit à un seul genre musical.) Certaines mélodies ironiques où elle s'accompagne seule derrière son grand piano à queue, alimentent le spectacle de ces ruptures désordonnées et réjouissantes à la fois. Des moments très pops, très rocks même, où elle "choruse" autant qu'elle chante ! ... et puis des moments plus classiques chanson française, dans le bon sens du terme, où le texte compte, où on a plaisir à l'écouter et à sourire. Parfois les textes sonnent un peu facile, mais elle est si belle, forte, heureuse, que l'on tombe de plaisir et qu'on en oublie la peut-être facilité d'une certaine écriture.

Jeanne Cherhal est généreuse sur scène. Elle dispose d'une belle énergie et le quatuor qu'elle compose avec ses musiciens (guitare, basse et voix, batteries) exprime une harmonie complète. Mais ce qui dominera de ce concert Noyonais, c'est la puissance et la justesse de sa voix, sa capacité de variation et d'intonation . C'est une magnifique chanteuse. Je crois en elle....

PS : Une méchanceté pour finir.... C'est quand même autre chose d'entendre une artiste de ce niveau, comparée à une certaine "femme chocolat" qui fond au soleil, tient péniblement une heure en scène, et sollicite ses fans avec hystérie pour mieux cacher ses faiblesses. Na !

15/02/07 - 09:43

Arnaud Marty Lavauselle est mort.

Encore un mort du Sida. Arnaud Marty Lavauselle était un homme d'une très grande force de conviction, et d'un engagement sans faille, évidemment dans le cadre de la lutte contre le SIDA, mais aussi dans la bataille en faveur d'une bonne prise en charge générale des malades à l'hôpital, qui est un chantier encore à poursuivre.

J'ai rencontré Arnaud Marty Lavauselle, entre 1991 et 1993, au moment où je travaillais au Sénat et où, avec les associations de lutte contre le SIDA, j'essayais de lutter contre la fédération des sociétés d'assurance, sur la question sensible de l'assurabilité des séropositifs. Je pense à lui aujourd'hui, après avoir appris la nouvelle de sa mort hier. J'ai vraiment le souvenir d'un type bien, solide, éminement respectable, et profondément engagé. C'est aussi un symbole d'une époque de l'engagement associatif qui disparaît...

On meurt encore du SIDA, pour celles et ceux qui voudraient l'ignorer. Dans sa mort, Arnaud M L nous le rappelle avec dureté. Le combat continue.

12/02/2007

12/02/07 - 22:12

La camapgne à la télé....

J'ai réinstallé la télévision chez moi, le temps de la campagne électorale. L'image est souvent - malheureusement - nécessaire à la compréhension : je parle de ce point de vue, en connaissance de cause !

Je suis littéralement sidéré de la façon dont se passe la campagne à la télé, versus la façon dont elle se passe à la radio !

1°) Je me suis tapé Arlette Chabaud la semaine dernière : j'avais honte pour les petits candidats... Ils avaient déjà tellement de chance d'être invités et visibles à partir de minuit sur le petit écran, qu'ils n'avaient aucune raison de se plaindre. Mais à chaque question posée, ils n'avaient que 30 secondes pour répondre ! Dupont-Aignant, Voynet et le postier se partageaient des queues de secondes, sans broncher, face à une pseudo journaliste dégoulinante de mépris. A quoi cette émission a-t-elle servi ?

2°) Ce soir, je regarde Le Pen dans le cadre de la fameuse émission inaugurée la semaine dernière par Nicolas Sarkozy. "J'ai une question à vous poser".... J'ai un sentiment de nhonte profonde et de dégout total. Comment un journaliste tel PPDA, peut-il accepter de jouer un rôle aussi grotesque de simple distribution de parole. Franchement ! à quoi cela rime-t-il ? Les pauvres français moyens qui sont là sont terrorisés, n'ont que dix secondes pour poser leur question, et n'ont surtout jamais le droit de la reprendre après la réponse... Pseudo dialogue pour vrai monologue. Quand c'est le Pen qui soliloque ainsi, cela devient insupportable !

Comment peut-on accepter cette démocratie d'opinion qui veut nous faire croire, à tout bout de champ, que les français savent mieux que quiconque ce qui est bon ou mauvais, qu'il faut entendre la parole des vrais gens à la télévision, pour obliger les hommes et femmes politiques à donner les vraies réponses. Quelle hypocrisie ! Quel mensonge ! Je préfère de beaucoup le débat entre hommes / femmes politiques et journalistes non intimidables, capables de mordre les mollets, déterminés à ne pas lâcher la question, et de faire dire ce que l'interviewé peut chercher à éviter.

Les candidats se croisent sur les plateaux, mais n'échangent jamais de propos contradictoires... Mais quel est le sens de tout ce la ?

Il faut lire la presse écrite, même partisane, elle est plus enrichissante et sa diversité assure la contradiction qui est le socle du débat démocratique... Il faut écouter les radios, car leur diversité de point de vue est réelle et le débat politique y est plus vif, plus pertinent, plus libre surtout.

Je n'ai jamais vécu une campagne présidentielle aussi désespérante...

Dimanche, un petit espoir de réveil est apparu... Espérons. Et coupons la télé !



06/02/2007

06/02/07 - 22:58

Des fraises en Janvier.

Je m'étais juré d'aller écouter Ségolène Royal dans le cadre de son meeting parisien. Pour voir, pour juger ! Il faut dire que j'ai déjà fait cet exercice en novembre, avant la désignation interne du PS... et que le spectacle ne m'avait pas convaincu ! J'avais décidé, donc, de traverser tout Paris pour aller dans le 13e... Puis, avant de partir de Beauvais, feuilletant mon agenda, je redécouvre quelques invitations pour des spectacles parisiens... Allez, le 18e, c'est moins loin, va pour des "Fraises en Janvier", cela vaut bien une Ségolène en février... Et puis, on verra en mai !

Cette pièce d'une certaine Evelyne de la Chenelière navigue, à dire vrai, entre deux eaux : tentation de vraie comédie moderne, contemporaine, teintée, hélas, de quelques clichés boulevardiens... Mais peut-être la pièce est-elle moins en cause - sous réserve de quelques brèves coupes sans doute nécessaires à opérer pour retrouver un peu de rythme en certains moments - que la mise en scène, poussive, amateure, dans le très mauvais sens du terme. Un décor lourd et inutile, des acteurs à l'étroit, engoncés à faire les déménageurs à chaque intermède, et dieu sait qu'il y en a ! , et maladroits dans cet espace rétraici et trop chargé.

Et puis, tout simplement, cette mise en scène manque tout simplement de cap. La distribution est également atteinte par ces manques d'ambition, et quand le metteur en scène joue lui-même, c'est une erreur fatale, qui, ici, ne pardonne pas.

Il n'en reste pas moins que les deux actrices sont tout à fait merveilleuses, elles, que l'une d'entre elle porte l'énergie sur ses épaules avec talent et conviction, et qu'elle fait mieux que sauver ce spectacle. Elle lui donne une petite âme, une petite douceur agréable qui laisse un sentiment d'un spectacle plaisant malgré ses quelques défauts structurants. Cela se passe au théatre du Funanbule, dans le 18e arrondissement.


06/02/07 - 10:55

"Les oubliés"

J'aime Christian Gailly. C'est un auteur qui se définit d'abord par un style d'écriture inimitable, extrêmement particulier, inventif, créatif, incisif. Des phrases finies qui ne le sont pas. Des constructions hasardeuses qui donnent une poésie incroyable.

Mais un auteur ne se résume pas seulement à son style. Il est aussi frappant que chacun de ses romans est construit autour d'une intensité dramatique réelle. "Les oubliés" constitue de ce point de vue un roman grave, beau, sensible. Deux journalistes partent en mission. Un accident de voiture, l'un des deux meurt. L'autre continue à vivre. A vouloir vivre ce qui était prévu, et par définition, le choc vital est après la mort de l'autre.

J'ai découvert Christian Gailly en lisant "Les fleurs", il y a déjà quelques années. J'achète tous ces livres au fur et mesure, et à chaque fois, je m'émerveille. Il est publié aux Editions de minuit. C'est un petit régal. Il me reste toujours de la lecture de ses livres, une atmosphère, comme une odeur de café qui sent bon, le sentiment d'un régal qu'il faut apprécier avec douceur. Ces livres sont courts et denses, on est juste frustré de ne pas avoir plus de temps encore à passer avec lui.