19/06/2007C. a atterri hier au commissariat de police, pour déposer une "main courante" contre sa future ex compagne qui l'a cognée, là, comme ça, devant son fils qui a 18 mois, et qui pleurait, pleurait, de tant de violences, de tant de cris, de tant d'insultes, de tant de mots sales.
C. arrive chez moi, hier soir, le visage pâle. Il restera dormir. On parle, sur la terrasse, et on débouche une bouteille de Champagne, il fait si doux ce soir.
La soirée se passe doucement. J'essaie d'apaiser ses blessures vives, de répondre à ses questions précises, d'organiser la suite.
La suite fait peur : elle menace de tout révéler (entendez son homosexualité, connue d'elle avant même qu'il ne se passe quoique ce soit entre eux), peur de C. de ne pouvoir jouer son rôle de père, lui qui s'occupe de C. de fils avec un amour fou, une tendresse merveilleuse. Il va falloir la jouer serrée. Rendez-vous pris avec Serge, mon ami avocat.
La phrase la plus terrible de la soirée prononcée par C., sans l'influence des bulles de champagne : "Quand je pense que mon fils va avoir cette folle pour mère toute sa vie !"
02/06/2007BarbaraSur les routes et le chemins que j'emprunte allègrement ces temps ci, je me replonge dans l'intégrale de Barbara. Quel choc que de réentendre "Regarde", 26 ans après la victoire de Mitterrand et trois semaines après celles du petit tout petit. Mireille Mathieu va-t-elle se dévouer ? L'événement historique est bien dans la chanson de Barbara, et dans le fait qu'elle reste, qu'elle demeure, à part entière une chanson de Barbara et non une chanson de circonstance. On est loin, décidément, très loin, de la Marseillaise...
De mémoire :
"Regarde...
Quelque chose a chagé
l'air semble si léger
c'est indéfinissable....
un homme
une rose à la main
continue son chemin
seul
il est devenu des milliers
qui semblent émerveillés
dans la lumière éclatée..."
(...)
qu'on y songe ! "Les chansons d'amour" et "après lui"J'ai vu coup sur coup deux films, qui ont des liens entre eux puisque le réalisateur du premier est co-scénariste du second ! Rien à voir pourtant...
Les chansons d'amour... me laisseront un goût de vie dans un coin de ma mémoire.... Décidément Christophe Honoré (juste après "Dans Paris" qui me laissera un souvenir jubilatoire et l'immense plaisir de voir enfin Guy Marchand dans un rôle à sa taille....) est un enchanteur grave. Car le sujet des chansons d'amour est quand même sacrément sérieux. Survivre à la mort de l'être aimé. "Les chansons d'amour" ou la terrible histoire de la reconstruction d'un homme après la mort de sa compagne.
Louis Garrel juvénil à souhait, reste absolument magnifique tout le long du film. Il dégage des nuances, des subtilités... La présence de la famille de la défunte, comme un poids de plus à porter, l'envahissement de la soeur de sa compagne... tout cela pèse, pèse lourd, très lourd. Construit comme un hommage à Jacques Demy (on peut difficilement échapper à la référence) et aux "Parapluies de Cherbourg", les "chansons d'amour" réussit assez bien l'intégration de la chanson. A dire vrai, cela passe dans le film comme une lettre à la poste, mais je reste dubitatif quant à l'écoute future de la bande orignale du film. Car ces chansons sont évidemment à textes, et un texte fait pour le film. Pas sûr que ces chansons parviennent à s'envoler toutes seules...
La mort, le deuil, la reconstruction, et le retour à la vie par la rencontre avec un homme, un jeune homme, un lycéen, et une nouvelle histoire d'amour qui commence. Comment interpréter cela ? Comment comprendre ce qui est ainsi décrit ? Je vois cela seulement comme quelque chose d'évident, de naturel, qui arrive aussi imprévisible que la mort faucheuse de sa compagne. La scène à la fenêtre de l'appartement du faubourg St Martin restera une sublime image de cinéma. Rien que pour cette séquence, je conseille de voir ce film. Là on touche une forme de romantisme qui personnellement me touche au plus profond de moi.
Après lui ! Même sujet en définitive : la mort d'un enfant, la culpabilité d'un copain responsable de l'accident de voiture, l'impossible reconstruction de ces deux personnages, et le besoin viscéral de ces deux êtres confrontés à un deuil impossible, pour des raisons évidemment antagonistes, d'avancer ensemble. Le film ne tient que grâce à Catherine Deneuve et au jeune comédien, qui s'en tire très bien. Le reste de la distribution est également très bien faite. Le pathos du deuil est là. Bien posé. C'est dur. On ne peut pas ne pas pleurer, ou ne pas sentir au fond de son ventre cette douleur dont on rêve qu'elle ne nous concernera jamais. Mais c'est du pathos. Appuyé au dernier degré, le film ne fait que transcender cette douleur, sans être capable de nous emmener ailleurs, de retrouver le chemin vers un peu de vie. Scénario sans doute très faible, je ne sais ! J'en suis d'autant plus déçu que le précédent film de Gaël Morel m'avait enchanté littérallement.
Les deux films mis côte à côte dans les hasards de la vie d'un cinéphile amateur rendent la comparaison cruelle.
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