09/11/2007

09/11/07 - 12:54

Les étudiants en grève !

J'adore quand les étudiants sont dans la rue. La créativité dans l'art du slogan est pour moi toujours un régal... et puis, même si je ne suis pas totalement d'accord avec les prétendus motifs qui les font descendre dans la rue, j'en retiens une conclusion. Voter une loi sur les universités en plein été et sans aucune concertation avec quique ce soit, ne peut que provoquer la réaction ! C'est ce qui se passe !

La semaine prochaine s'annonce agitée.... Avec Sarko, j'avais prédit le bordel.... La semaine prochaine s'annonce bordélique à souhait...

09/11/07 - 12:50

Le bonheur de la découverte....

Dans les CD et "démo" qui m'arrivent régulièrement dans le cadre de mon travail, il y des vrais moments de bonheur... Je me souviens du jour où j'ai ainsi découvert les "Castafior bazooka", groupe de femmes absolument énergisant, rafraichissant, et musicalement nerveux. De cette découverte par hasard, un CD envoyé, reçu, écouté, est née une belle tournée dans l'Oise et d'autres projets à venir.

Depuis dix jours maintenant, j'écoute en boucle la démo de "El Gafla". Une démo sans pochette, sans rien : donc impossible de dire qui est qui ! Mais alors, une découverte, un bonheur, une pure merveille. Une musique marquée par l'origine de son interprète principale, des paroles françaises et arabes, avec des textes forts, beaux, marqués de cette immigration du travail et de la souffrance, une poésie et une force formidable, et une perfection musicale nette et sans appel. Que du bonheur !

J'attends avec hâte le moment de le voir sur scène et l'espoir de construire des choses avec ce groupe ! Si vous en entendez parlé, allez le voir !

08/11/2007

08/11/07 - 13:17

Van Gogh à Londres...

Décidemment, la question de la rupture me poursuit ces jours-ci... La pièce de théâtre de Nicolas Wright mise en scène par Hélène Vincent au théâtre de l'Atelier, me replonge en plein dedans. Comme toujours, je lis la presse après, jamais avant. Et je decouvre donc ce matin, en navigant sur internet, la façon dont la pièce est ressentie par les critiques : Comme une belle histoire d'amour entre un homme jeune et une femme mûre, comme si le symbole qui ressortait de ce spectacle était précisément dans ce rapport au temps et à la violation des tabous sur l'âge et l'amour. Je n'ai pas du tout vu cela. Certes, ce récit d'amour est présent, mais ce qui est marquant pour l'essentiel, et qui constitue tout de même la trame dramaturgique de la pièce, c'est le drame du départ de Van Gogh, l'abandon absolu de cette femme qu'il a aimée, et qu'il a quittée sans mot dire. La lâcheté de la fuite comme seule solution, et, en conséquence, la dépression qui s'ensuit pour l'intéressée, dépression qui caresse la folie.

Histoire vraie ou fausse, on n'en sait sans doute pas grand chose, et il s'agit plus d'une trame romancée couvrant le blanc de la période entre deux lettres de Van Gogh à son frère. Belle romance.

Je déplore tout de même une certaine facilité sur le discours face à l'art et la pseudo concurrence qui se joue entre l'artiste et l'artisan, également logé dans la même demeure, et qui peint des plafonds et des fresques. Cela d'ailleurs questionne l'intérêt même de la pièce relativement à Van Gogh. Car le prétexte ne sert en définitive qu'assez peu le propos.

C'est un joli moment de théâtre. Une lumière magnifique sur scène, et quelques graves inégalités dans la distribution, ce qui me navre toujours : Mais comment le meteur en scène, en l'occurrence Hélène Vincent, ne se rend-elle pas compte de ce déséquilibre qui dessert un projet au demeurant bien abouti ?

04/11/2007

04/11/07 - 13:59

Sophie Calle ou l'art de la rupture

Un mail qui annonce la fin d’une histoire, tel est le « prétexte » de départ à l’exposition de Sophie Calle présentée à la biennale de Venise. Un mail qui se termine par cette phrase énigmatique : « Prenez soin de vous. », titre éponyme de l’exposition. Cent sept femmes sollicitées par l’artiste commentent ce courriel de rupture. Preuve qu’une lettre de fin peut être un puissant point de départ, mieux, que la verbalisation est la seule condition du deuil. Tout est dit. Où plutôt, tout est écrit, montré et démontré. Et toutes les variations sont offertes au visiteur.

Sophie Calle rassemble ces commentaires dans une forme de cheminement intime (car le courriel de X rendu ainsi publique, viole sa propre intimité) qui entraîne, chez celles chargées de lire, d’abord, et d’offrir ensuite une forme critique au message ainsi transmis, une infinité de points de vue divergents : ce qui fait force, dans tout cela, c’est l’accumulation des regards, des femmes qui toutes se sentent directement concernées, tel, le visiteur voyeur qui sort de là avec l’étrange sentiment, lui aussi, d’avoir été quitté.

L’universalité de l’art trouve dans ce travail une démonstration poignante ; d’un point de départ banal, toutes les formes artistiques se côtoient, de la photo à la vidéo, du texte, du dessin, de l’écrit à ses extrapolations, sans oublier le son, les voix, les couleurs, le théâtre, la danse, le mime et la comédie, bref, l’expression est infinie. Il y a beaucoup d’humour dans tout cela, il y a aussi beaucoup d’humanité dans ces regards féminins, exclusivement féminins.

On aimerait rêver : Que le courriel reçu ne soit pas un prétexte, qu’il ait bien préexisté, que cette histoire soit vraie, véridique, réelle, et que sa déclinaison artistique soit telle les ailes du papillon déclanchant le cyclone. L’homme qui a écrit, confronté au cataclysme de cet envoi anonyme et lâche, offert au regard du monde. On l’imagine visitant cette exposition et maudissant d’être l’auteur de ce texte vite et mal écrit, comme le regret de n’avoir pas été plus lâche encore, et d’avoir fui, tout simplement, dans le silence ! (Prenez soin de vous….)


Venise – 21 octobre 2007.