27/12/2007Trois découvertes. J'avais évoqué, dans un précédent "post", la découverte, sur CD, d'un groupe dénommé "El Gafla". Je confirme ce que j'avais pressenti. L'écoute du CD m'avait enchanté de tant de force et d'énergie musicale mélangeant les genres et les cultures. Impression non démentie après avoir vu ce groupe sur scène. J'étais impatient. J'avais besoin de confirmer une passion naissante grâce à CD à une passion débordante grâce à un spectacle vu sur scène. Ce fut le cas. El gafla confirme sur scène l'impression du CD. Que du bonheur.... Si vous en entendez parler, allez-y ! C'est bon pour faire la fête.
Autre choc : j'avais écouté, avec beaucoup d'intérêt et de curiosité, une démo reçue d'un certain "Sao". C'était beau, fort, et l'écoute en voiture était un plaisir, mais le choc à l'écoute moins évident que El Gafla. Quelques très beaux textes sortaient du lot. Vu Sao sur scène à Beauvais. Le choc ! Une voix, une grâce, une énergie, une beauté qui se dégage de tout cela, le charme est dans le tout. Mais je retiens d'abord une voix et un rythme musical et physiques qui fait de Sao sur scène un spectacle à part entière. Je m'occupe de son cas et vous pourrez bientôt venir l'écouter et le voir, dans l'Oise.
Enfin ! Des réseaux m'avaient adressé le CD d'un groupe au nom improbable : "Faut sortir le chien !" Ce n'est pas le nom du groupe qui m'aurait d'abord séduit. Là, on retrouve de la chanson française pur jus. De très belle qualité. La voix du chanteur m'avait vraiment séduit, timbrée, puissante et douce, forte et belle. Les textes ne m'avaient pas échappé non plus. Enfin une écriture qui sort du canon à la mode navigant entre Carla Bruni et Vincent Delerm. Des textes, donc, des histoires drôles, une écriture directe, simple efficace. Je les ai enfin vus sur scène. Avec une belle excitation préalable aussi. Je ne voulais pas être déçu. Je ne l'ai pas été. Car la présence musicale audible sur CD, et le talent des textes, se confirment sur scène. Mais ce qui frappe dans ce groupe musical composé de jeunes gens à peine sortis d'étude, c'est le travail scénique, la recherche et la création du spectacle. On se régale, on se délecte, on rit, et on aime. Très bientôt, on les verra aussi rayonner dans l'Oise et je l'espère bien, prochainement, ailleurs.
Trois découvertes grâce à l'écoute de CD qui se confirment sur scène, c'est le rêve de tout professionnel. Ce fut une belle semaine. Maintenant j'écoute ces trois groupes en boucle dans la voiture. Bonne année !
Un baiser s'il vous plait. Ce film de Emmanuel Mouret est assurément un très joli film, atypique, charmant et grave à la fois. Le propos n'est plus celui de la petite comédie de moeurs, mais au contraire dégage une vraie gravité sur le sentiment amoureux. Le point de départ, un baiser "technique" pour compenser un manque affectif, aboutit à un véritable cataclysme sentimental, car les amoureux sont lâches, tout simplement.
Ce qui me frappe le plus dans film, c'est le style qui s'en dégage. C'est très écrit, tout est dit, verbalement, les choses et les actes sont décrits, narrés, et l'image est comme une seconde lecture de ce qui est raconté. Il y a du style ! et cela est formidablement plaisant. J'y ai vu - mais c'est sans doute très personnel et peut-être pas très utile à l'analyse - une forme de filiation avec Truffaut. Une légèreté dans le ton, une gravité dans le fond. Un sujet aussi très "Truffaut" : Comme si la post adolescence d'Antoine Doinel se retrouvait dans ce personnage que le réalisateur interprète lui-même avec délice. Bref, influence ou pas, filiation ou non avec un autre, Emmanuel Mouret se distingue vraiment. Il est grand dans tout seul dans ce film hors prétention. Julie Gayet est délicieuse, et celles et ceux qui l'entourent servent un propos maîtrisé, qui ne se relâche jamais. Le baiser de la fin, tant attendu, rentrera dans les annales du cinéma. L'édito du monde à propos des vacances de SarkozyL'éditorial du monde paru hier soir, et daté de ce jour, exprime très justement le fond du problème de ce président "people" et "nouveau riche". Je cite :
"Ce qui est en jeu, c'est le statut du chel de l'Etat, celui d'une fonction, qui pour garder son crédit, exige une pratique de tous les jours qui en préserve la hauteur".
La vulgarité qui ressort de ses comportements à répétition n'est évidemment pas de nature à aller dans ce sens ! 25/12/2007Biographie sans Antoinette...Comment se débarasser d'une histoire d'amour encombrante ? Tel est, en définitive, le sujet de la pièce de théâtre de Hans Peter Cloos, actuellement à l'affiche au théâtre de la Madeleine à Paris, interprétée notamment par Sylvie Testud et Thierry Lhermitte. Admirable pièce de théâtre avec une écriture folle et délicieuse. Revenir en arrière, vouloir effacer à tout prix une histoire qui colle à la peau, la détruire, l'anéantir, la réduire à néant. Mais est-ce possible ? Il faut tout reprendre à zéro au point de départ, et chercher à effacer ce point là, cette accroche qui a entraîné toutes les catastrophes se sortir par le haut d'une histoire qui a abaissé l'être humain dans ses plus grandes humiliations. Cette pièce est un choc par l'écriture d'abord, franchement détonnante. Comme un mot croisé, l'erreur de départ, entraîne toutes les autres erreurs. Il faut remonter, remonter remonter le temps, et se confronter à tout ce qui a entraîné le drame le drame suprême. La mort était-elle évitable ? Thierry Lhermitte, que je découvrais pour la première fois sur une scène, est admirable de simplicité, de force et de gravité. Sylvie Testud quant à elle est d'abord une voix de théâtre, une présence fluette et écrasante à la fois. Mais le reste de la distribution dont les acteurs me sont inconnus de nom, frappe aussi par sa perfection. Aucun des trois autres rôles n'est second, ils existent tous et serve une mise en scène bouleversante. C'est un grand spectacle qui reste au fond du coeur. 16/12/2007Double Honte ! Alors , là, difficile de ne pas répondre ! Cette attaque donne le sentiment qu'il n'est plus autorisé de critiquer Sarkosy ! Ce qui est frappant dans cette critique, c'est qu'elle ne contre - argumente sur rien du fond du sujet... (et j'avais oublié de rappeler les félicitations à Poutine tandis que Angela Merkel avait clairement exprimé, avec désolation, la mort démocratique de la russie !) Bref ! C'est vrai que la critique a été violente cette semaine, de tous côtés... Des membres du gouvernement, en nombre, se sont indignés ! et la presse a rarement été - même à droite - en accord avec cette visite sur le principe, et les conditions de son déroulement, ensuite. POur conclure, je ne lis ni l'équipe, ni voici, mais tous les jours, le monde, libé, et le parisien... complété de quelques hebdomadaires, le canard enchaîné, les inrockuptibles, quelques titres marqués certes à gauche, sans doute encore une tare ! Ce type de réaction est inquiétante. très inquiétante, car elle est exclusivement agressive et sans argument, ce qui est pire que tout. Il faut vraiment se réveiller. Bis répétita. La honte de la FranceJe ne vais pas reprendre tous les commentaires qui ont accompagné à juste titre la semaine de honte que nous venons de vivre, avec la visite provocatrice de Khadafi, la durée de son séjour, et les révoltantes manifestations publiques où un certains nombres de nos compatriotes n’ont rien trouvé de mieux que de se précipiter. J’en ai eu mal au ventre !
Cette semaine a peut-être enfin montré au monde, et aux français, que la politique étrangère de la France n’a plus aucune direction, aucun cap, et que l’addition des messages de la France depuis huit mois est illisible, incompréhensible, et maintenant nauséabonde. On peut polémiquer à souhait sur la politique intérieure, et il y a de quoi, mais la politique étrangère de la France n’est plus de l’ordre de la polémique mais de la honte. Additionnons : le discours de Dakar + le voyage en chine sans Rama Yade + le voyage putassier aux Etats-Unis, où le Président Sarko trouve le moyen de ne pas évoquer l’Irak + Khadafi, après l’épisode douteux des infirmières bulgares, tout cela fait froid dans le dos. Il va falloir se réveiller un peu !
Les DiabloguesLe théâtre du Rond Point présente actuellement « les diablogues » de Roland Dubillard, dans une mise en scène de Anne Bourgeois, avec François Morel et Jacques Gamblin. Spectacle admirable de talent ! Comment présenter cette pièce, qui n’en est pas véritablement une, car il s’agit d’abord d’un travail sur le langage, sur le mot, sur le dialogue diabolique entre deux personnages ? Et pourtant, on se plonge dans ses drôles de diablogues comme on plonge dans le charme de la poésie. Il y a une esthétique du langage, une prouesse de l’échange qui est ici interprétée avec simplicité et efficacité. Anne Bourgeois pose les choses, entame le spectacle avec ce dialogue en forme de partie de ping pong, au sens propre comme au sens figuré, et nous entraîne dans cet univers de folie réaliste, car beaucoup de choses se disent. Jasques Gamblin et François servent ce spectacle à la perfection. Rien est à jeter, pas une seconde de relâche, la tension (l’attention) est constante, et l’on suit ce jeu comme on si assistait à une performance théâtrale. C’est à ne pas rater. Cela se sait déjà car c’est complet après trois jours.
Bon signe pour une saison théâtrale qui ne se porte pas bien à Paris (les salles sont souvent vides en ce moment) et qui laisse deviner que le spectateur exigeant commence à se lasser des coups montés avec une star du cinéma qui n’est à l’aise que derrière une caméra et rarement devant un public. C’est au Rond Point et c’est à voir.
Panique à bordRE-JOUI-SSANT, tel est le seul qualificatif qui convient quand on sort de ce spectacle un rien déjanté, avec une pincée de sel de provoc, et un humour bien posé. « Panique à bord » se présente comme une comédie « hystéro-musicale » : intitulé justifié. Les comédiens chanteurs éclatent de talent, d’énergie et de drôlerie. Le spectacle est enlevé et cache une véritable comico dramaturgie construite sur un suspens bien travaillé. Du bonheur ! On sort de là léger, enchanté, réjoui, et l’on se dit que dans ses temps de sinistrose bien profonde (Khadafi Sarkosy aidant), ce spectacle fait du bien pour le moral. Et on ne se plaindra pas du côté culture pédé bien affirmée. A voir vite, car cela est à l’affiche depuis septembre. 08/12/2007Les mouettesLes mouettes au théâtre du petit Hébertot méritent le déplacement de curiosité. Trois jeunes femmes interprètent des chansons à capella provenant d'un répertoire très varié (Anne Sylvestre, Jeanne Moreau...) Voilà un trio qui ne ressemble à aucun autre. La maîtrise vocale est éclatante, mais le charme est ailleurs. Il n' y a pas d'exploit, il n'y a que du talent . Dans la réinterprétation d'un répertoire mis en vie par une mise en scène créative et une lumière simple et travaillée, le spectacle suprend d'abord, séduit ensuite, et enthousiasme enfin le public dans cet univers atypique. Drôle et plein d'humour décalé, ces "mouettes" crient le chant des oiseaux en guise d'aurevoir, car c'est à revoir, assurément. Ionesco"S'il faut absolumment que l'art ou le théâtre servent à quelque chose, je dirai qu'ils devraient servir à apprendre aux gens qu'il y a des activités qui ne servent à rien et qu'il est indispensable qu'il y en ait."  |
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