08/02/2008"La vie devant soi" - Chef d'Oeuvre au théâtre Marigny !Je sors du théâtre Marigny, hier soir, bouleversé, ému, scotché litterralement par un spectacle d'une ampleur, d'une force, exceptionnelles.
Je lis cette cette critique parue sur théâtre online.com, que je partage, donc je la cite :
"On ne présente plus La vie devant soi. Le livre a fait le tour du monde. En 1975, il a valu le Goncourt à Romain Gary, qui l'avait déjà reçu pour Les racines du ciel. Supercherie géniale, preuve par neuf du talent... et suicide de l'auteur : "j'ai prouvé ce que j'avais à prouver".
Dans cette énorme histoire d'amour filial entre une vieille Juive, qui fut prostituée (avant Auschwitz...), et un jeune arabe abandonné chez elle, le flot bouillonnant de l'humain bouscule tous les conflits de la terre, culbute les dogmes et les idées reçues, renverse les dieux pour faire place à ce qui nous manque tant aujourd'hui : la tolérance, clé de la vie.
Vous n'oublierez jamais l'intimité de ces deux-là. Elle est faite de peurs - pourtant mêlées de joie induite, de verve, d'humour, avec les mots simples des pauvres gens, le bon-sens et le coeur gros comme ça de ceux qui ne peuvent pas s'abriter derrière le faux-semblant de la culture, la naïveté de l'enfance au bord de finir... On rit tout le temps. Enfin, presque tout le temps.
"Il s’agit d’un texte d’une richesse insoupçonnée et tenter de faire exister l’impossible sur un plateau représente un travail lourd et difficile. Or, cette fois-ci, c’est le contraire : l’évidence est déjà là. L’évidence du texte, de mon personnage, de la situation… Tout est présent, concret, lumineux, dans ma chair, comme si finalement incarner Madame Rosa allait juste revenir, pour moi, à faire du théâtre, à jouer sur scène. Je crois qu’en puisant dans mes expériences, je trouverai aisément le chemin menant à cette femme que je connais bien, pour laquelle je ressens une grande tendresse, beaucoup d’amour." Myriam Boyer"
Je complèterais cette critique d'un point de vue : le jeune comédien qui joue Momo est génial ! Absolument génial, sidérant, renversant. Il déverse une intensité dramatique pénétrante sur ce rôle. Si les prix ont un sens, ce qui n'est pas sûr, il mérite assurément le Molière d'espoir d'unjeune futur grand comédien...
07/02/2008- 26 % Je commence à retrouver l'air respirable... depuis quelques jours, un courant d'air sévit sur notre pays ! Cela fait du bien. Le détail des choses La vie de Catherine, le personnage unique et donc principal de cette pièce de Gérald Aubert, est à la fois banale et exemplaire.
Banale vie de femme au foyer, qui se croit heureuse dans le petit confort douillet d’un intérieur à son goût parce qu’elle a décidé des couleurs des rideaux à défaut d’avoir véritablement choisi son espace de vie (Elle signe la deuxième, n’est-ce pas ?). Banale encore parce qu’elle s’occupe des choses affreusement banales d’une femme au foyer qui ne prend plus le temps de s’interroger sur rien : elle repasse admirablement, réalise de délicieux gâteaux, dresse un couvert à la perfection…
Exemplaire car elle réalise ses tâches banales qui la conforte dans son existence fade, transparente, inexistante.
Un temps de solitude subi – ils sont partis lui chercher son cadeau d’anniversaire - et voilà Catherine Forestier qui, pensant à voix haute, se laisse entraîner dans des doutes existentiels où sa féminité se laisse entraîner dans des désirs qu’elle s’est jusqu’alors interdit de vivre. Mais va-t-elle les vivre véritablement ?
A cette question essentielle, l’auteur nous laisse dans le doute le plus complet. La révolution est-elle en route ou le retour aux vieilles habitudes va-t-il l’emporter ? Il n’y pas de véritable réponses à cette question et selon la nature optimiste ou pessimiste du spectateur, chacun y trouvera sa réponse. J’ai personnellement envie de croire à la révolution personnelle et lente de cette femme lucide à l’instant de son x-ème anniversaire.
C’est l’image qui me semble ressortir de la mise en scène de Ladislas Chollat et de l’admirable interprétation de Catherine Cyler. Dramatique et cruelle, cette introspection rétroactive d’une femme n’est pas sans humour. Elle nous fait rire dans ses regrets, et pleurer dans son passé, dans ses rêves d’enfants.
Ce spectacle est abouti. Il est beau par la puissance d’un texte. Il est superbe par l’intelligence d’une mise en scène accompagnant la gravité d’un propos par une légèreté de forme dans la mise en espace, la mise en lumière, la direction de jeu et dans le rythme tendu. La lumière est belle, la présence des images à la fois utiles et discrètes. Ce spectacle est enfin admirablement servi par une comédienne qui illumine le spectacle de la première à la dernière seconde, sans nous laisser le temps de souffler. Champagne !
(Ciné 13 Théâtre - à partir du 6 février, du mercredi au samedi à 21 h 30 - 1 avenue Junot 75018 - 01 42 54 15 12 - www.cine13-theatre.com )  |
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